Les filles russes ont une manière de baisser les paupières comme des enfants pris en faute, on dirait qu’elles se retiennent de pleurer, comme si leurs yeux turquoise etouffaient des sanglots venus du froid polaire, d’un malheur eternel, d’une assiette vide au fond de l’hiver, d’un nöel sans cadeaux où l’on a pas le droit de se plaindre parce que sinon le père sera transféré au camp, d’un menteur qui est parti sans dire « da svidania » … Pourtant elles ne tremblent jamais, même par moins vingt degrés, elles se lechent les dents et ne detournent pas les yeux, tout juste distingue t’on une rosée calculée qui perle sur leurs lèvres comme une prière ou défi. Ce sont des fleurs penchées sur la faiblesse des hommes qui les excusent, et les manipulent, ecartent les doigt dans leurs cheveux et n’importe quel homme devient un pantin entre leurs mains pâles qui flottent dans les airs comme des ailes de cygnes. Les femmes de toutes les nationalités les haissent parce que la beauté est une injustice et qu’il faut combattre toutes les injustices…

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